Des dirigeants burkinabè chez Yanga SC : quand le championnat tanzanien s'impose comme référence en afrique noire
C'est une publication sur la page Instagram officielle de Young Africans SC qui a mis la puce à l'oreille. Le club tanzanien, habituellement centré sur ses propres actualités sportives, prenait le soin de signaler la visite d'une délégation burkinabè dans ses installations. Un geste protocolaire anodin en apparence, mais révélateur de la portée réelle du déplacement.
Le Commandant Karim Souabo, Président de l'Union Sportive des Forces Armées (USFA), Isaac Sawadogo, Président d'ASA FC, et Hamed Pié Traoré, Manager Général du Racing Club de Kadiogo, ont fait le voyage jusqu'à Dar es Salaam pour observer de près ce qui se bâtit en Tanzanie. Trois dirigeants aux profils distincts, mais réunis par une même conviction : pour faire avancer le football burkinabè, il faut regarder ce qui fonctionne ailleurs — et sur le continent africain, Yanga SC est devenu une adresse incontournable.
Yanga SC, c'est trente titres de champion de Tanzanie. Mais le palmarès ne raconte qu'une partie de l'histoire. Ce qui frappe davantage, c'est la capacité du club à remplir des stades, à maintenir une identité populaire puissante et à exister sérieusement sur la scène continentale, avec des participations régulières à la Ligue des Champions de la CAF.
Au-delà du club lui-même, c'est l'ensemble du championnat national — la Ligi Kuu Tanzania Bara — qui attire aujourd'hui les regards des observateurs africains. Les derbies entre Yanga et Simba SC mobilisent des dizaines de milliers de supporters, dans une atmosphère que peu de championnats africains peuvent revendiquer. Plus significatif encore : la Tanzanie co-organisera la Coupe d'Afrique des Nations 2027. Un signal fort de la reconnaissance continentale d'un football en pleine structuration.
Ce que le modèle tanzanien a réussi, c'est précisément ce que tant de fédérations africaines échouent à produire : construire une compétition ancrée dans les réalités du continent, sans chercher à reproduire mécaniquement les standards européens, mais en développant sa propre identité compétitive. Ce n'est pas parfait. Mais ça fonctionne — et c'est déjà remarquable.
La démarche de nos dirigeants mérite d'être saluée. Dans un contexte où le football burkinabè cherche encore ses repères en matière d'organisation et d'attractivité des compétitions locales, aller s'inspirer d'un modèle africain qui fait ses preuves est une approche lucide et pragmatique.
Mais une visite d'étude n'a de valeur que si elle débouche sur des actes concrets. Le football burkinabè a besoin de plus que des intentions — il a besoin de réformes structurelles, d'investissements dans les infrastructures, d'une réflexion sérieuse sur la commercialisation du championnat et sur l'expérience offerte aux supporters.
La vraie question, celle que l'on posera dans les prochains mois, n'est pas pourquoi ils sont allés à Dar es Salaam. C'est ce qu'ils en ont ramené.
📸 Source : Page Instagram officielle de Young Africans SC
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